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Quel souvenir gardez-vous
de vos 13 ans, âge des participants du tournoi des Petits Princes ?
"A 13 ans, ou tu entres dans le potentiel mis en place par la
fédération et tu arrêtes le cours normal de tes études, ou tu te
lances dans un parcours très compliqué.
C'est l'âge où tu as envie d'être tout le temps avec des "potes", de
les retrouver en vacances.
Il faut être très motivé sans savoir exactement où l'on va. J'ai eu
la chance de ne pas être brûlé, même si parfois on avale certaines
étapes.
Tulasne a éclaté au grand jour plus jeune que moi."
Sur l'équipe française qui vient de perdre contre la Russie en
Coupe Davis, ne pensez-vous pas qu'elle était trop jeune ?
"Le sélectionneur n'avait pas trop le choix en l'absence de
Sébastien Grosjean. Richard Gasquet était fatigué pour son deuxième
match de simple.
Quant à Paul Henri Mathieu, il n'a toujours pas oublié sa défaite à
Bercy et il s'est figé dans son jeu comme dans son mental."
Est-ce à dire que ce dernier s'est déjà brûlé les ailes ?
"Il faut lui laisser le temps de se reconstruire mentalement avant
qu'il puisse franchir un échelon supplémentaire.
En ce qui me concerne, je ne l'aurais pas fait jouer en Coupe Davis.
Parfois, un arrêt est salutaire.
Richard Gasquet, après avoir été obligé de s'éloigner des courts
suite à une varicelle, a franchi un palier en revenant sur le
circuit.
Il a connu cette situation de "l'enfant prodige" à qui les plus
grands succès sont promis. Je viens de le côtoyer durant quatre
jours à Béziers et il est bien."
Que pensez-vous d'un tournoi comme les Petits Princes ?
"J'aurai aimé, à 13 ans, participer à ce tournoi, représenter la
France. Je crois que la première édition s'est déroulée en 1988.
Cette année là, je perdais la finale de Roland Garros. Le travail
réalisé par la fédération, en permettant ici et là à des hommes
passionnés comme Jacques Decret d'organiser et de faire perdurer de
telles manifestations, est remarquable. L'organisation mise en place
vers les jeunes est fantastique. Les mentalités ont cependant
évolué; désormais on parle beaucoup d'argent dans les allées de
courts et les gamins sont un peu déphasés."
Que manque-t-il à un français pour gagner Roland Garros ?
"Peut-être le fait de ne pas brûler les étapes et ensuite de
franchir le palier supplémentaire qui permet de faire face à de
multiples circonstances. Nadal n'a pas fait le plus difficile même
s'il a déjà gagné à Paris.
Il devra faire évoluer un jeu qui est d'ores et déjà disséqué afin
de trouver une solution".
Michel Dussoliet - Le Dauphiné Libéré - 26 juillet 2005 |